HOMELIE DU TROISIÈME DIMANCHE DE CARÊME 2012

Ex 20, 1-17 ; Ps 18 ; 1Co 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25

 

Attention, ne nous imaginons pas trop vite un Jésus hystérique, ayant  tressé un fouet pour frapper tout ce qui bouge, aussi bien les bœufs et les brebis que les vendeurs du Temple. Soyons clairs et cela est important : Jésus se sert uniquement de son fouet pour éloigner les bœufs et les brebis de l’esplanade du Temple.

Pourquoi ce détail est important ? Parce que cela nous révèle la portée réelle du geste de Jésus : s’Il chasse les marchands et leurs bêtes, c’est à ces dernières qu’il en veut ! En effet,  il ne s’agit pas d’une sainte colère contre les marchands du Temple. Il pose plutôt un geste prophétique, à la manière des prophètes de l’Ancien Testament : Il chasse les animaux du Temple. Pourquoi cela ? [Silence]

Jusque là, le Temple de Jérusalem constitue le lieu où l’homme vient à la rencontre de Dieu et entre en communion avec Lui, notamment en offrant des sacrifices d’animaux et d’éléments végétaux. En chassant les marchands du Temple et surtout leurs bêtes, Jésus signifie la fin des sacrifices anciens et Il annonce une étape nouvelle dans la manière d’entrer en relation avec Dieu.

                        Retenons pour aujourd’hui qu’en faisant ce geste prophétique, Jésus ouvre à l’homme une route sur laquelle il n’a pas à acheter la bienveillance divine. Bien au contraire, il suffit à l’homme d’accueillir gratuitement les dons de Dieu. Ces dons, ils sont nombreux : la Présence de Dieu – Père, Fils et Saint Esprit – en tout homme, et également ses grâces, sa force et sa puissance.  

            Accueillir gratuitement : c’est important d’entendre cela en cette période de Carême où nous faisons beaucoup d’efforts. Car ces efforts nous ne les faisons pas pour forcer la main de notre Seigneur, ou pour L’amadouer… Ces efforts, nous les vivons pour être transformés intérieurement et ainsi entrer dans une relation plus profonde et plus vraie avec notre Dieu.

                        Comment accueillir les dons de Dieu, notamment cette Présence de Dieu en tout homme de bonne volonté ? [Silence]

D’abord la confiance en un Dieu qui est tout amour. Ce n’est pas si facile, surtout dans un monde malmené par le mal. On a tendance à accuser un peu vite Dieu de tous nos maux, ou en tout cas d’y être insensible. Or, ce que Dieu demande par-dessus tout, c’est la confiance. Et la prière, qui est familiarité et intimité avec notre Dieu peut nous aider à grandir dans cette confiance. Ne cessons pas, par exemple, de méditer la fidélité de Dieu, notamment à travers des grands textes de la Bible (Ex 20).

Ensuite, l’humilité. Humilité de reconnaître que nous ne sommes rien sans Dieu, que nous avons besoin de sa Présence au plus près de nous pour être sauvé. Sommes-nous suffisamment conscients que nous sommes tous les malades de l’Évangile que le Seigneur est venu sauver ? [Silence] Si je ne reconnais pas ma misère, je suis incapable de reconnaître Dieu comme mon Sauveur et d’accueillir ses dons.

            Enfin, pour accueillir les dons de Dieu, il faut que nous soyons déjà nous-mêmes dans la dynamique du don. Quand Dieu travaille pour l’homme, Il ne travaille jamais sans lui. C’est la réalité de l’Alliance. Nous devons nous efforcer de vivre, animés par la recherche du bonheur de l’autre et la joie de se donner. Tout en maintenant la gratuité des dons de Dieu, il y a une vérité à affirmer que plus je me donne, plus Dieu me donne.

Demandons à Dieu, qu’au cours de ce temps de Carême, nous sachions accueillir davantage sa Présence et toutes ses grâces en Lui faisant confiance, en étant humble et en servant nos frères. Amen.

 

Les commentaires sont clos.