HOMELIE DU TROISIÈME DIMANCHE DE L’AVENT

Que de joie dans tous les textes que nous venons d’entendre ! Même l’évangile, en soulignant l’importance de la conversion, nous conduit tout droit à la joie : la joie de choisir le bien en toutes circonstances. Les textes de ce dimanche sont  donc comme une invitation pour chacun de nous à vivre de cette joie. L’invitation se fait même pressante : « Pousse des cris de joie » ; « éclate en ovations » ; « réjouis-toi » ; « Jubilez, criez de joie » ; « soyez toujours dans la joie du Seigneur ». De quelle joie parle-t-on ici ? [Silence] A quelle joie la Parole de Dieu nous appelle-t-elle ? [Silence]

Pour commencer, laissez-moi vous dire trois choses très simples au sujet de cette joie chrétienne.

Cette joie, elle est essentiellement participation à la joie même de Dieu. C’est une incroyable Bonne Nouvelle : notre Dieu est un Dieu de joie. Nous l’avons encore entendu ce soir : le Seigneur mettra sa joie en Jérusalem – SA joie et pas celle d’un autre… – ; Il dansera pour son peuple en poussant des cris de joie. Je n’insiste pas plus mais souvenons-nous que cette joie de Dieu est la joie d’aimer et de se savoir aimé.

La joie chrétienne est donc un don de Dieu puisqu’elle est participation à la joie même de Dieu. Très concrètement, cela veut dire qu’elle ne se gagne pas, elle se reçoit. Elle s’empare de nous et dépasse souvent nos attentes. Ce dépassement est la marque de l’action de l’Esprit Saint. La joie est en effet un des douze fruits de l’Esprit Saint (Ga 5, 22). La première question à se poser n’est pas : que dois-je faire pour être joyeux ? mais bien plutôt : est-ce que je laisse suffisamment de place à l’Esprit Saint, dans ma vie, pour goûter à la vraie joie ? [Silence]

Enfin, la joie chrétienne est l’expression naturelle de notre espérance. Prenons l’exemple de Don Bosco, saint bien connu du XIXème siècle : il apparaissait particulièrement joyeux lorsqu’il devait affronter des ennuis plus graves que de coutume. Il était en effet alors convaincu que le Seigneur allait intervenir pour lui faire trouver une issue là où il ne semblait n’y avoir qu’impasse. La joie chrétienne repose donc sur la certitude que notre Dieu est un Dieu qui s’intéresse à nous et qui agit pour nous.

La joie n’est donc pas d’abord un vague sentiment, résultat d’une vie facile ou de l’accomplissement de tous nos désirs ; la joie a pour origine le fait d’aimer et de savoir aimé, elle repose sur notre docilité à l’Esprit Saint et sur notre espérance en un Dieu qui œuvre pour notre bonheur. Alors, nous comprenons – et c’est là quelque chose de très important – que cette joie est promise même à celui qui traverse des difficultés. Ce n’est pas pour rien que, dans l’évangile de Jean, Jésus promet sa joie à ses disciples alors que le moment est tragique puisqu’Il sait qu’il n’a plus que quelques heures à vivre.
La joie n’est pas absente d’une vie malmenée ; plus encore, elle peut en être l’antidote. La joie peut aider le chrétien à traverser les épreuves. En effet, elle nourrit les cœurs, redonne l’espérance et une force pour vivre les souffrances et les difficultés de la vie quotidienne.

La joie comme antidote d’une vie compliquée, je veux bien mais j’aimerai également profiter de ce troisième dimanche de l’Avent pour dire quelque chose sur la fête. La fête est essentielle à toute communauté humaine. En plus, la fête répond à un désir d’infini, à un bonheur qui semble inaccessible sur la terre. Elle est comme un signe de cet au-delà qu’est le Ciel. Elle est le symbole de ce à quoi l’humanité aspire : une expérience de communion.

Alors si certains parmi nous ont l’habitude de faire la fête, c’est très beau et c’est très bien. Mais il s’agit de ne pas la faire n’importe comment. Elle doit répondre du mieux possible à sa valeur de signe de la fête éternelle. En effet, chaque petite fête, même la plus intime entre quelques amis, doit être comme un signe de cette fête du Ciel. Comment vivons-nous la fête aujourd’hui ? [Silence] Est-elle vraiment un lieu de communion ? [Silence] Nos  fête sont-elles  accueillantes envers ceux qui sont seuls, fatigués ou en difficultés ? [Silence]

Si on exclut les petits, ce n’est plus la fête. La fête doit toujours être la fête des pauvres. Souvenons-nous de cette phrase de Jésus : « mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles » (Lc 14, 13).

Je tire deux conclusions rapides de cela :
1) pour le 1er de l’an, saurons-nous faire une vraie fête en étant accueillant pour celui qui est seul ou en difficulté ? [Silence] La paroisse propose de se retrouver le 31 au soir dans la salle du 1, rue des Noyers pour faire la fête justement, pour que tout le monde puisse faire la fête. Vous êtes tous les bienvenues !
2)  Et si la fête est joie avec Dieu, si l’occasion se présente pourquoi ne pas l’achever dans une prière silencieuse : prière silencieuse que Jean Vanier appelle la fête de la rencontre personnelle avec Dieu.

Demandons à Dieu, dans cette Eucharistie, de savoir goûter à la profondeur de la joie chrétienne et de savoir vivre la fête comme un avant goût du festin des Noces du Royaume. Amen.

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