Le choix de Dieu, homélie du 6 janvier 2013

Frères et soeurs bien-aimés dans le Christ, je crois que nous ne mesurons jamais assez la merveille du plan de Dieu. Ce plan, « ce mystère, nous dit saint Paul, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. » Qu’est-ce que cela veut dire ? … Pour bien le comprendre, contemplons ce qui se passe dans la crèche aujourd’hui, avec les mages qui arrivent…

D’abord qu’est-ce qu’un païen ? Un païen c’est d’abord quelqu’un qui n’est pas juif et qui n’a pas reçu la Révélation de Dieu. En choisissant Abraham et sa descendance, Dieu a divisé le monde en 2 catégories de nations : la nation juive et les nations non juives, c’est-à-dire les nations païennes qui étaient dans l’ignorance de ce que tout ce que Dieu en personne disait aux Juifs. Dieu a pris soin d’Israël, il lui a fait des promesses de le délivrer de la main de tous ces oppresseurs, Il lui a promis que de lui naîtrait le sauveur du monde. Nous avons entendu cette promesse dans le livre d’Isaïe : « Debout Jérusalem ! Resplendis : elle est venue ta lumière […] les nations marcheront vers ta lumière », eh bien cette promesse commence à s’accomplir lorsque les mages païens viennent adorer « le roi des juifs » dans la crèche. Et imaginez ce que doit ressentir Marie quand elle voit tous ces hommes entrer dans la crèche, se prosterner devant son bébé. On pourrait reprendre les paroles du prophète Isaïe et les appliquer à Marie :
« Debout Marie ! Resplendis : elle est venue ta lumière, ton enfant Jésus ; avec Lui, c’est la gloire du Seigneur qui s’est levée sur toi. Regarde Marie : l’obscurité recouvrait la terre, les ténèbres couvraient les peuples ; mais sur toi et sur ton peuple juif se lève le Seigneur et sa gloire brille sur vous. Les nations marcheront vers ta lumière, vers ton Jésus, et les rois à la clarté de ton aurore.
Lève les yeux Marie ! Regarde autour de toi : regarde ses mages, ses païens étrangers, qui se mettent à genoux devant ton Fils. Il y en aura bien d’autres dans l’avenir. Tous ils se rassemblent, ils arrivent ; lorsqu’ils deviendront disciples de ton fils, tu deviendras leur mère. Et déjà tu es radieuse, ton cœur frémit et se dilate.
Les trésors d’au-delà des mers affluent vers toi avec les richesses des nations. Les mages de l’Orient viennent, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges du Seigneur. »

Cette joie de Marie, c’était la joie promise à Israël, au peuple juif. Marie en a été la première bénéficiaire. Puis tous les juifs qui ont cru et qui croient en Jésus. Puis tous les païens qui ont été intégrés dans le peuple de Dieu par le baptême et par la foi, selon un ordre guidé par l’Esprit Saint (cf. Ac 16, 6-10) : Les grecs, les romains, puis les peuples d’Europe, d’Afrique, d’Amérique, et enfin aujourd’hui d’Asie. Et il faut savoir que dans le baptême, un païen, c’est-à-dire un non-juif comme la plupart d’entre nous ici, reçoit la dignité israélite. Nous sommes élus à notre tour nous aussi, nous avons intégré Israël. Nous avons été « incorporé » à Israël. La vierge Marie, juive, n’est-elle pas notre mère ? Ne nous sommes-nous pas les membres du corps d’un juif, le Seigneur Jésus ? Saint Paul ne dit-il pas que par rapport à Israël « les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse » ? Et pour en arriver là, c’est que chacun d’entre nous a été choisi par Jésus, que le regard de Dieu s’est posé sur chacun de nous de manière très particulière. Beaucoup d’entre nous avons reçu le baptême tout petit sans le choisir, mais à travers le choix de nos parents, c’était le choix de Dieu qui s’exerçait. Certains d’entre nous ont reçu le baptême plus tard en l’ayant choisi eux-mêmes, à ceux-là Jésus dit comme à ses apôtres : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16). L’élection, le choix de Dieu, ce n’est pas rien ! Les dons et l’élection de Dieu sont sans repentance. Le baptême est indélébile, il nous colle à la peau ; quoiqu’il arrive on ne rebaptise jamais une personne déjà baptisée parce que Dieu, Lui, ne rompt jamais ses Alliances. Non, L’élection, le choix de Dieu, ce n’est pas rien ! Tout le monde n’a pas été choisi. Ô, il ne faut pas s’enorgueillir du choix de Dieu car nous serons simplement juger avec plus de rigueur que les autres. Mais il faut se rendre compte que tout le monde n’a pas été choisi pour recevoir par avance cette grâce de connaître Jésus durant le temps de l’histoire. Au moment de la mort, tout le monde connaît Jésus. Mais nous sommes ceux qui le connaissons par avance et qui sommes chargés d’annoncer à tous ses merveilles.
Et comme la Vierge Marie, nous sommes témoins de l’arrivée de nouveaux croyants que la grâce de Dieu attire à Jésus. Comme la Vierge Marie dans la crèche, nous voyons notre Seigneur Jésus attirer à lui des hommes de toute langue, race et nation, et demander le baptême. Oui toutes les nations marchent vers Jésus, notre lumière. La prophétie d’Isaïe et du psaume 71 – « que le messie domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre ! […]Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. », cette prophétie a commencé de s’accomplir mais elle n’est pas encore achevée ; elle progresse dans l’histoire de manière plus ou moins cachée ; elle sera définitivement accomplie à la fin de l’histoire, quand Jésus viendra prendre possession de son règne. Amen.

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