PRIÈRE INTERRELIGIEUSE DU 3 JANVIER 2016

Le dimanche 3 janvier, nous avons vécu un magnifique moment de fraternité et de foi. Nous étions nombreux, venus prier pour la paix, suite à tous ces attentats de 2015, et nous rencontrer. Je vous donne quelques liens qui vous permettront de faire mémoire de cet événement.

Article sur le site municipal : http://www.aubervilliers.fr/actu92790.html

Article sur le site diocésain : http://saint-denis.catholique.fr/actualites/saccueillir-et-se-recueillir-ensemble

Vidéo relayant un message du pape : https://www.youtube.com/watch?v=EWNkxXhH9eQ

Texte du Manifeste, lu à la fin de notre prière
Manifeste du 3/01/2016 rédigé par l’Association des Musulmans d’Aubervilliers (AMA), les paroisses catholiques, le Foyer fraternel Eglise Protestante Unie de France, la Communauté bouddhiste bangladaise SARVAJANIN BUDDHA VIHARA, les communautés
israélites OHEL YAACOV et KEHILAT CHNEOR.

2015 est maintenant terminé. Nous avons été largement éprouvés par plusieurs attentats, ici en France mais également dans le monde entier. Nous souhaitons dire, à travers ce rassemblement, notre peine et notre incompréhension devant cette violence aveugle. Nous assurons également les victimes et leurs familles de notre profonde compassion. Combattre activement dans nos propres vies contre toute forme de mal est selon nous le meilleur hommage que nous rendons à tous ceux qui ont perdu la vie dans ces attentats.

2016 commence, nous croyons que nous faisons partie d’une même famille, celle des humains, nous croyons que nous sommes sœurs et frères en humanité. Par conséquent nous voulons affirmer avec détermination notre choix de la fraternité et de la paix. Ce n’est pas un choix facile, d’autant plus ici à Aubervilliers où nous sommes tellement différents par nos cultures, nos origines, nos croyances, nos manières de vivre,… La fraternité et la paix n’en seront que plus belles.

Nous voulons travailler ensemble à une meilleure connaissance de l’autre à travers la rencontre :
une rencontre bienveillante et marquée du sceau de la gratuité ;
une rencontre active à travers des actions communes ;
une rencontre audacieuse qui s’autorise à aller au-delà de ce qui a déjà été fait ;
une rencontre solidaire pour se soutenir dans les moments difficiles que nous pourrions traverser.

Cette rencontre est exigeante, ne serait-ce que parce qu’elle nous dérange dans nos habitudes, qu’elle nous oblige à un déplacement et qu’elle est coûteuse en temps. C’est donc une priorité que nous souhaitons nous donner. Notre rassemblement en ce début d’année en est un signe.

Nous sommes bien conscients, déjà à notre niveau, que nous devons œuvrer pour que cette priorité devienne le désir du plus grand nombre. Nous voulons que ce choix de la rencontre soit l’affaire de tous et non l’affaire de quelques spécialistes de nos communautés.

Nous croyons qu’au travers de nos convictions et de nos expressions de foi respectives, nous pouvons faire du chemin, pour chercher ensemble ce qui fait vivre et non ce qui détruit. Sur ce chemin, nous nous rencontrerons et nous nous enrichirons mutuellement.

Nous invitons tous les habitants d’Aubervilliers qui le souhaitent à venir marcher avec nous sur ce chemin.

Nous voulons donner à notre démarche un nouvel élan et croire, avec la foi qui nous anime, que les mots de ce manifeste prendront vie dans notre ville d’Aubervilliers.

Le texte du père Jacques RIERA
Prière à Gethsémani  (Marc, 14,26.32-42)
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers…
Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. »
Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.
Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »
Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.
Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »
Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?
Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
De nouveau, il s’éloigna et pria, en répétant les mêmes paroles.
Et de nouveau, il vint près des disciples qu’il trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis de sommeil. Et eux ne savaient que lui répondre.
Une troisième fois, il revient et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »

Chers amis,chers frères et soeurs, nous nous retrouvons pour prier et pour penser à un  avenir plus fraternel et solidaire. Nous avons choisi ce texte de l’Evangile de Saint Marc où Jésus prie. Il prie dans des circonstances extrèmes, dures, la mort se dessine, la peur est presente; mais la confiance est aussi là. Je pense que sa prière peut illuminer la notre.
Nous pensons dans notre prière aux défunts qui ont été injustement et cruellement tués, nous pensons à leurs parents, leurs familles qui sont en deuil et qui n’arrivent pas encorte à comprendre le pourquoi de ce crime, nous voulons leur apporter reconfort, compassion, nous pensons aussi à tous ceux qui ont choisi la violence ou qui sont tentés par elle, que Dieu change leur coeur, qu’ils décourvrent que la violence ne fait qu’engendrer violence et que jamais elle n’apporte la paix et le bonheur..
Je vais au texte maintenant. “Arrivés au domaine du Mont des oliviers », cette nuit-là encore, Jésus se prépare à sa prière personnelle. Mais cette fois-ci, il y a quelque chose de nouveau : il semble qu’il ne veuille pas rester seul. Jésus se retirait souvent à l’écart de la foule et des disciples, en se tenant dans des « lieux déserts » (cf. Mc 1, 35) ou en montant « dans la montagne », nous dit saint Marc (cf. Mc 6, 46). A Gethsémani, au contraire, il invite Pierre, Jacques et Jean à rester plus près de lui. Ce sont les disciples qu’il avait appelés à être avec lui sur le mont de la transfiguration (cf. Mc 9, 2-13). Cette proximité des trois disciples pendant la prière à Gethsémani est significative. Jésus, tout en allant « seul » là où il s’arrêtera pour prier, veut qu’au moins trois de ses disciples ne soient pas loin, dans une relation plus étroite avec lui. Il s’agit là d’une proximité spatiale, d’une demande de solidarité au moment où il sent approcher la mort, mais c’est surtout une proximité dans la prière, pour exprimer, d’une certaine manière, qu’ils sont en accord avec lui au moment où il s’apprête à accomplir jusqu’au bout la volonté du Père, et c’est une invitation faite à chaque disciple à le suivre sur le chemin de la croix.. La demande de solidarité, d’amitié, de présence de la part de Jésus n’a pas été exaucée par les apôtres, ils se sont endormis, leurs yeux étaient alourdis de sommeil.. Peut-être come nous qui souvent nous nous endormons…. Combien de personnes seules dans notre ville, dans notre monde ? Et seules parce que différentes, parce qu’ « étranges ». La solitude, l’isolement est une des épidémies de notre temps.
Tirons encore une autre leçon : demandons comme Jésus aux autres d’être à nos côtés, dans nos solitudes et dans les solitudes des autres, demandons de l’aide, peut-être parfois nous ne serons pas exaucés, mais sans doute d’autres fois nous rencontrerons de personnes généreuses, créons des réseaux, très terre à terre de solidarité, d’amitié, qu’ils soient présents à côté des isolés.
Je vous invite à un autre moment de recueillement. Demandons à Dieu de faire grandir en chacun de nous la solidarité, d’ouvrir nos yeux et notre cœur aux détresses des autres, un grand sage de ce siècle aimait dire : « L’autre est plus important que moi ».Dieu seul peut rendre féconds nos efforts.
Retenons : familier de la souffrance ; Dieu n’est pas venu pour supprimer la souffrance, mais pour l’habiter de sa présence. Il a touché dans sa propre chair, la solitude, l’abandon, la peur comme tant d’hommes et de femmes d’aujourd’hui. C’était nos maladies qu’il portait et nos douleurs dont il s’était chargé. Dans sa nuit des Gethsémani le Seigneur a porté toutes les violences gratuites de notre société, il les a vécu profondément, c’est le début de sa passion, une passion qui continue encore en tant de personnes victimes innocentes, de tant d’injustices qui crient la révolte, mais que hélas n’attirent que l’indifférence. En ce temps de globalisation : nous avons globalisé l’indifférence.
La prière de Jésus est aussi une prière de pardon, le pardon se manifestera sur la croix : Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. « Le pardon est la  plus belle chose, peut-être parce que c’est une des plus difficiles. Admirons-nous devant la Joie du Pardon. Pardonner et être pardonné. Devenons des experts en pardon.
Notre texte termine avec une invitation de Jésus : « Levez-vous, allons… » Dieu nous invite à nous mettre débout à marcher. Nous vous proposons cette prière de Saint François d’Assis, elle nous donne des pistes très concrètes pour rendre notre ville Aubervilliers plus fraternelle, plus joyeuse où il fasse bon vivre. Si nous la mettons en pratique la peur, les préjugés, les méfiances vont disparaître. Nous pouvons faire de la prière de Saint François notre prière de chaque soir. Cher amis, frères et sœurs pour nous tous c’est le moment de la responsabilité.

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