VENDREDI 14 AVRIL 2017 VENDREDI SAINT : LA PASSION DU SEIGNEUR

Il ne s’agit pas de faire semblant le vendredi saint, de s’imaginer que nous vivons pendant cette terrible journée comme si le Christ n’était pas ressuscité. Non, rien ne saurait nous enlever cette joie-là. Il s’agit de nous rappeler, intensément, profondément, pieusement, douloureusement, quel fut le prix de notre salut. « Chrétien, regarde le prix de ta vie: elle vaut le sang de Dieu » disait Saint Jean-Marie Vianney à ses paroissiens. Ce sang que Jésus a versé une fois, autrefois, sur la Croix, nous continuons aujourd’hui d’en vivre par l’eucharistie, comme nous la célébrâmes hier soir jeudi saint, comme nous la célèbrerons demain soir lors de la Vigile pascale. La messe, mystère du Corps et du Sang du Seigneur, est un mémorial du sacrifice de Jésus sur la Croix, celui que nous commémorons plus intensément aujourd’hui, en nous associant autant que nous le pouvons à son calvaire. Office tragique, il faut du courage pour être venu prier en communauté ce soir. Ce sont nos fautes que Jésus porte sur la Croix, il faut du courage d’être venu pour les y contempler, et pour vénérer la Croix sur laquelle ils sont cloués. Mais l’unité du Triduum pascal est au prix de l’office de la Croix.
La Sainte Cène, l’office de la Croix, la Vigile pascale, c’est tout un, c’est un seul évènement. Ces trois jours se tiennent éternellement les uns les autres, ne trouvent leur sens propre que parce que les deux autres sont présents. Nous célébrons l’eucharistie comme mystère de notre salut car Jésus a bien donné son corps et son sang sur la Croix. Ce sacrifice est efficace car il l’a effectivement fait, il est salvateur car il est effectivement ressuscité. Il est ressuscité parce qu’il a donné sa vie sur la Croix, il l’a donné pour que nous puissions tous en bénéficier par l’eucharistie. Creusons toujours plus, frères et sœurs, dans la contemplation et la prière devant la Croix, ce mystère de l’amour infini du Père qui nous a donné son Fils, de l’amour infini du Fils qui meurt pour nous sauver en obéissance au Père, de l’amour infini de l’Esprit Saint, qui se tait en Jésus sur la Croix, pour nous submerger de sa joie au jour de Pâques.
P. Brice Testu, mep.

Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 52, 13 – 53, 12)
Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

PSAUME(30)
R/ Ô Père, en tes mains, je remets mon esprit.
En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
garde-moi d’être humilié pour toujours.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

Je suis la risée de mes adversaires
et même de mes voisins ;
je fais peur à mes amis,
s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.

On m’ignore comme un mort oublié,
comme une chose qu’on jette.
J’entends les calomnies de la foule :
ils s’accordent pour m’ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent.

Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
sauve-moi par ton amour.
Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !

Lecture de la lettre aux Hébreux (He 4, 14-16 ; 5, 7-9)
Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

ÉVANGILE : Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

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