PÈLERINAGE DIOCÉSAIN DE NOTRE-DAME DES VERTUS

Dimanche 7 mai 2017
David, un roi selon le cœur de Dieu.  Nous aussi, Dieu nous a choisis…

L’HISTOIRE DE DAVID

David est certainement le plus grand roi de toute l’histoire biblique. Cette singularité n’empêche pas une vraie proximité avec les pèlerins que nous sommes. Comme lui, nous avons été choisis par Dieu. Comme lui, nous avons été marqués par l’onction et l’Esprit Saint s’est emparé de nous. Comme lui, nous essayons d’honorer ce choix de Dieu: pour nous, en vivant de notre baptême, notamment dans la prière, l’annonce de l’Évangile et le service des frères.

L’histoire de David est donc le témoignage d’un homme saisi par Dieu. Mettons-nous à l’écoute de son histoire pour devenir de meilleurs disciples de Jésus Christ.

1) Le choix de Dieu : « le Seigneur regarde le cœur » (1Sam 16,1.5b…13)
Le Seigneur dit à Samuel : « Combien de temps encore seras-tu en deuil à cause de Saül ? Je l’ai rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi. » Samuel purifia Jessé et ses fils, et les convoqua au sacrifice. Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur ! » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. » Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. » Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là.

David n’a rien du roi tel qu’on l’imagine : aîné de famille, guerrier et viril. Au contraire, il est le « petit dernier » de la famille,  berger plus que soldat, et enfin, la présentation qui est faite de lui dans ce passage ressemble à la présentation habituelle d’un personnage biblique féminin… Et pourtant c’est lui que Dieu a choisi pour être le roi de son peuple Israël.

Le choix de Dieu – qu’on appelle aussi élection – est remarquable dans la mesure où notre Seigneur ne s’arrête pas aux apparences  mais Il sonde les cœurs. Ce choix est aussi marqué par cette capacité de Dieu à voir l’homme tel qu’il est mais aussi tel qu’il va devenir. Enfin, il reste dans le choix de Dieu une part de mystère : Dieu appelle qui Il veut !

C’est le cas pour David et aussi pour chacun de nous. Dieu nous appelle à un état de vie,… à certains renoncements,… pour des missions particulières,… Surtout Dieu nous a tous appelés au baptême et ainsi à faire partie de son peuple en portant cette triple mission : la prière, l’annonce de l’Évangile et le service des frères. Si nous nous demandons pourquoi nous sommes baptisés et pas tel ou tel ami, ou peut-être même tel frère ou telle sœur, sachons qu’il n’y a pour seule réponse à cette question que notre engagement ferme de vivre cette triple mission baptismale : prière, annonce de l’Évangile, service des frères.

Demandons à Dieu, par Marie, un cœur qui rende grâce pour le don de notre baptême et aussi un cœur qui décide d’honorer le choix de Dieu en se donnant à 1000% pour vivre la prière, l’annonce de l’Évangile et le service des frères.

2) La victoire du roi berger (1Sam 17, 48…58)
Goliath s’était dressé, s’était mis en marche et s’approchait à la rencontre de David. Celui-ci s’élança et courut vers les lignes des ennemis à la rencontre du Philistin. Il plongea la main dans son sac, et en retira un caillou qu’il lança avec sa fronde. Il atteignit le Philistin au front, le caillou s’y enfonça, et Goliath tomba face contre terre. Ainsi David triompha du Philistin avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin et le mit à mort, il n’avait pas d’épée à la main. Mais David courut ; arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu’il tira du fourreau, et le tua en lui coupant la tête. Quand les Philistins virent que leur héros était mort, ils prirent la fuite. Quand David fut de retour, après avoir abattu le Philistin, Abner le retint et le fit venir devant Saül ; David avait à la main la tête du Philistin. Saül lui demanda : « Mon garçon, de qui es-tu le fils ? » Et David lui répondit : « Je suis le fils de ton serviteur Jessé, de Bethléem. »

Qui ne connaît pas le combat singulier entre David et Goliath ? Ce combat est d’autant plus important que David ne joue pas seulement sa tête, il tient le sort de son peuple entre ses mains. Sa victoire sera donc la victoire du peuple d’Israël.

Goliath est un homme qui fait peur aux guerriers les plus aguerris et pourtant David n’hésite pas à aller le combattre, lui qui n’est pas soldat de métier et qui ne dispose ni d’épée, ni d’armure. D’où lui vient cette vaillance ? David est tout simplement rempli de confiance en Dieu, notamment suite à l’onction qu’il a reçu de la part de Samuel. Avant le récit du combat, David n’hésite pas à répondre à Goliath qui s’étonne de l’apparence peu guerrière de son adversaire : « Moi, je viens contre toi avec le nom du Seigneur des armées, le Dieu des troupes d’Israël que tu as défié. Aujourd’hui, le Seigneur va te livrer entre mes mains» (1Sam 17, 45-46). David sait que ce combat sera l’œuvre de Dieu. Il n’a donc pas peur.

Comme David, nous avons reçu l’onction. Comme David, l’Esprit Saint s’est emparé de nous. Comme David, si nous faisons confiance à notre Dieu, il nous permettra de remporter de grandes victoires pour nous-mêmes et aussi pour le salut de l’humanité toute entière.

Demandons à Dieu, par Marie, de grandir dans notre confiance en Lui. Qu’Il nous aide aussi à croire toujours davantage que, malgré notre petitesse, l’Esprit Saint œuvre en nous et nous permet de remporter de grandes victoires pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde.

3) Le refus du choix de Dieu : la jalousie de Saül (1Sam 18, 6-9)
Au retour de l’armée, lorsque David revint après avoir tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël à la rencontre du roi Saül pour chanter et danser au son des tambourins, des cris de joie et des cymbales. Les femmes dansaient en se renvoyant ce refrain : « Saül a tué ses milliers, et David, ses dizaines de milliers. » Saül le prit très mal et fut très irrité. Il disait : « À David on attribue les dizaines de milliers, et à moi les milliers ; il ne lui manque plus que la royauté ! » Depuis ce jour-là, Saül regardait David avec méfiance.

Saül a trouvé un nouveau héros en la personne de David, il lui a même promis la main de sa fille. Et pourtant, Saül finit par être jaloux de la notoriété de son nouveau gendre… Dans la suite du récit, on verra comment la jalousie du roi tournera à l’obsession. Il mobilisera des milliers d’hommes pour le capturer, il essaiera même de le tuer à de nombreuses reprises.

Cet acharnement de Saül nous révèle que les choix de Dieu ne sont pas toujours accueillis avec joie et enthousiasme. Nous sommes loin de cette magnifique phrase de Jésus : « non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux » (Mt 26,39). Nous tenons là une des deux ornières de l’élection : la jalousie ; l’autre, c’est l’orgueil.

Cela ne nous étonne pas car nous avons souvent à lutter contre la jalousie et parfois même la jalousie spirituelle : pourquoi parle-t-il si bien de Dieu ? pourquoi cela semble-t-il si facile pour lui de prier ?… Jésus nous rappelle que si nous sommes dans ce piège spirituel, ne nous préoccupons pas des autres mais écoutons la voix de notre maître nous dire au plus intime de nous-mêmes : « Viens. Suis-moi ».
 
Demandons à Dieu, par Marie, qu’Il nous préserve de ces deux ornières de l’élection que sont la jalousie et l’orgueil. Qu’Il nous aide notamment à nous réjouir des qualités de nos frères.  

4) David respecte le choix de Dieu (1Sam 24, 3-8)
Saül prit trois mille hommes, choisis dans tout Israël, et partit à la recherche de David et de ses gens en face du Rocher des Bouquetins. Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ; il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager. Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte. Les hommes de David lui dirent : « Voici le jour dont le Seigneur t’a dit : “Je livrerai ton ennemi entre tes mains, tu en feras ce que tu voudras.” » David vint couper furtivement le pan du manteau de Saül. Alors le cœur lui battit d’avoir coupé le pan du manteau de Saül. Il dit à ses hommes : « Que le Seigneur me préserve de faire une chose pareille à mon maître, qui a reçu l’onction du Seigneur : porter la main sur lui, qui est le messie du Seigneur. » Par ses paroles, David retint ses hommes. Il leur interdit de se jeter sur Saül. Alors Saül quitta la grotte et continua sa route.

Saül est vulnérable. Il est seul dans cette grotte où se cachent David et plusieurs de ses compagnons. Autant dire que Saül mourra si David le décide. Mais ce dernier choisit de l’épargner car il se souvient que son ennemi est le roi d’Israël, celui qui a été choisi par Dieu pour guider son peuple. A la différence de Saül, David respecte le choix de Dieu.

Cet épisode de la vie de David nous montre toute la beauté du cœur de David. Il n’a pas seulement de beaux yeux… Se dévoile ainsi petit à petit la justesse choix de Dieu. Peut-être  que certains pouvaient se demander pourquoi Samuel avait donné l’onction à David plutôt qu’à ses frères… Après la victoire sur Goliath et ce beau geste vis-à-vis de Saül, le doute n’est plus permis : « Le Seigneur regarde le cœur ».

Certains choix de Dieu peuvent nous paraître discutables à nous aussi. Comme David, il nous faut avancer dans la confiance en acceptant de ne pas tout comprendre tout de suite. Comme le disait le père Finet, cofondateur des Foyers de Charité avec Marthe Robin : « l’heure de Dieu n’est pas celle de nos impatiences ».

Demandons à Dieu, par Marie, d’apprendre à marcher au rythme de notre Seigneur et à respecter ses choix. Qu’Il nous délivre de la culture du « tout, tout de suite ».

5) David, pour échapper à son roi, se réfugie chez ses ennemis (1Sam 27, 1-7)
David se dit en lui-même : « C’est sûr, un jour ou l’autre, je périrai par la main de Saül. Mieux vaut donc pour moi m’échapper définitivement dans le pays des Philistins. Saül renoncera désormais à me chercher dans tout le territoire d’Israël ; ainsi j’échapperai à sa main ! » David se mit en route avec les six cents hommes qui l’accompagnaient et passa chez Akish, fils de Maok, roi de Gath. David s’installa auprès d’Akish, à Gath, lui et ses hommes, chacun avec sa famille. David y était avec ses deux femmes : Ahinoam de Yizréel et Abigaïl de Carmel – la femme de Nabal.On avertit Saül que David s’était enfui à Gath, et Saül cessa de le chercher. David dit à Akish : « Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, qu’on me donne un lieu où je puisse habiter, dans une ville à l’écart. Pourquoi ton serviteur habiterait-il auprès de toi, dans la ville royale ? » Aussitôt, Akish lui donna Ciqlag. C’est pourquoi Ciqlag a appartenu aux rois de Juda, jusqu’à ce jour. La durée du séjour de David en territoire philistin fut d’un an et quatre mois.

David est plein d’audace et d’ingéniosité. Il choisit d’aller se cacher dans le territoire même de ses ennemis, certain que Saül ne pensera jamais à venir le chercher à cet endroit. Cela peut nous faire penser à Jésus qui partage un dernier repas avec ses disciples au Cénacle, c’est-à-dire au beau milieu du quartier sacerdotal, probablement à quelques dizaines de mètres de la maison du grand-prêtre. Ce sont ces mêmes voisins qui le lendemain le jugeront et le feront mettre à mort par le pouvoir romain.

C’est intéressant de constater tous les points de contact entre l’histoire de David et celle de Jésus. Non seulement Jésus vient accomplir toutes les figures de l’Ancien Testament, mais en plus tous ces personnages de l’histoire sainte apportent un éclairage nouveau sur la vie de Jésus. L’histoire de David, celle des patriarches, celle de Moïse,… nous permettent d’approfondir le mystère de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Dans cet exemple précis, le parallèle entre l’histoire de David et celle de Jésus nous pousse nous interroger sur la raison pour laquelle Jésus lui ne s’en sort pas ! Bien-sûr, David vient chez les Philistins avec leur accord et bénéficie d’un répit. C’est finalement assez différent de la situation de Jésus qui se cache. Son ennemi lui est plus hostile. Mais surtout, cela permet de mettre en valeur l’acte volontaire de la Passion de Jésus. Il aurait pu s’échapper s’il l’avait voulu puisqu’il était même capable de manger au milieu d’eux sans qu’ils ne le sachent… Il a donc donné sa vie ; il s’est livré librement pour nous sauver !

Demandons à Dieu, par Marie, d’avoir soif de lire les textes de l’Ancien Testament pour nous plonger dans notre histoire sainte afin d’approfondir notre connaissance de Jésus et grandir dans notre amour pour Lui.

6) David reçoit l’onction royale une nouvelle fois (2Sam 5, 1-4)
Alors toutes les tribus d’Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Vois ! Nous sommes de tes os et de ta chair. Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, c’est toi qui menais Israël en campagne et le ramenais, et le Seigneur t’a dit : “Tu seras le berger d’Israël mon peuple, tu seras le chef d’Israël.” » Ainsi, tous les anciens d’Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron, devant le Seigneur. Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël. Il avait trente ans quand il devint roi, et il régna quarante ans : à Hébron il régna sur Juda pendant sept ans et demi ; et à Jérusalem il régna trente-trois ans, à la fois sur Israël et sur Juda.

David a reçu l’onction une première fois à Bethléem. Il était pendant la vie de Saül un roi caché (qu’on pense à Jésus, roi de l’Univers, qui naît de manière discrète… à Bethléem… au temps du roi Hérode…). Il est maintenant le roi de Juda et d’Israël, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu.

Il est le « roi berger », c’est-à-dire qu’il exerce son autorité en se mettant au service de son peuple : « son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent » (Is 40, 11). Une nouvelle fois, nous pensons à Jésus, le Maître de l’Univers, qui au moment de la dernière Cène dit à ses disciples : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 27).

Par notre baptême, nous sommes tous rois et cette royauté s’exprime dans le service des frères. L’exemple de David, le roi berger, nous rappelle cette dimension essentielle de notre existence si nous voulons honorer notre Créateur et vivre de notre baptême.

Demandons à Dieu, par Marie, de nous sentir solidaire de nos frères, notamment ceux qui sont en souffrance. Prions aussi pour tous ceux qui exercent une autorité : qu’ils puissent la vivre avec cet esprit de service. Prions tout particulièrement pour notre futur président et son gouvernement.

7) David installe l’Arche d’Alliance à Jérusalem (2Sam 6, 12…19)
On rapporta au roi David : « Le Seigneur a béni la maison d’Obed-Édom et tout ce qui lui appartient, à cause de l’arche de Dieu. » David partit alors et fit monter l’arche de Dieu de la maison d’Obed-Édom jusqu’à la Cité de David, au milieu des cris de joie. Quand les porteurs de l’Arche eurent avancé de six pas, il offrit en sacrifice un taureau et un veau gras. David, vêtu d’un pagne de lin, dansait devant le Seigneur, en tournoyant de toutes ses forces. David et tout le peuple d’Israël firent monter l’arche du Seigneur parmi les ovations, au son du cor. Ils amenèrent donc l’arche du Seigneur et l’installèrent à sa place, au milieu de la tente que David avait dressée pour elle. Puis il offrit devant le Seigneur des holocaustes et des sacrifices de paix. Quand David eut achevé d’offrir les holocaustes et les sacrifices de paix, il bénit le peuple au nom du Seigneur des armées. Il fit une distribution à tout le peuple, à la foule entière des Israélites, hommes et femmes : pour chacun une galette de pain, un morceau de rôti et un gâteau de raisins. Ensuite tout le monde s’en retourna chacun chez soi.

Essayons d’imaginer David dansant, tournoyant, sautant autour de l’Arche sainte. Cette danse est le signe de l’enthousiasme et du grand amour de David pour son Dieu. Elle montre aussi l’humilité du roi qui n’a que faire du « quand-dira-t’on ».

De plus, il est intéressant de voir le rapprochement de ce texte avec le récit de la visitation de la Vierge Marie à sa cousine Elisabeth. C’est le même verbe qui est utilisé pour la danse de David et pour le tressaillement de Jean-Baptiste dans le ventre de sa maman. La danse de David est donc une véritable prière, un acte de foi, la reconnaissance de la présence de Dieu dans l’Arche d’Alliance.

Demandons à Dieu, par Marie, l’humilité et l’enthousiasme du roi David dans notre louange pour notre Seigneur. Que nous sachions Le louer avec tout notre être : corps, âme et esprit.

8) La Prière de David (2Sam 7, 18…26)
Le roi David vint s’asseoir en présence du Seigneur. Il dit : « Qui suis-je donc, Seigneur, et qu’est-ce que ma maison, pour que tu m’aies conduit jusqu’ici ? Mais cela ne te paraît pas encore suffisant, Seigneur, et tu adresses une parole à la maison de ton serviteur pour un avenir lointain. Est-ce là, Seigneur Dieu, la destinée de l’homme ? Qu’est-ce que David pourrait encore ajouter par ses paroles ? Toi, Seigneur Dieu, tu connais ton serviteur. À cause de ta parole et selon ton cœur, tu as accompli toute cette grande action pour instruire ton serviteur. Ainsi, tu es grand, Seigneur Dieu. Oui, tu es sans égal et il n’y a pas de Dieu en dehors de toi, d’après tout ce que nous avons entendu de nos oreilles. Que ton nom soit exalté pour toujours ! Que l’on dise : “Le Seigneur de l’univers est le Dieu d’Israël”, et la maison de ton serviteur David sera stable en ta présence. »

David est un grand roi. Il a fait ses preuves. Il est maintenant installé à Jérusalem, ville que même Josué n’a pas été capable de prendre lors de sa conquête de la terre promise. Et le narrateur biblique n’hésite pas à nous dévoiler l’intériorité de ce grand roi en nous présentant une prière de David.

Cette prière est d’abord marquée par une grande humilité : « Qui suis-je ? ». Il ne s’est pas laissé griser par le pouvoir… enfin, pas encore car l’épisode de son adultère n’est plus très loin. Il reconnaît dans sa prière qu’il n’est qu’un homme et que ses succès viennent de Dieu. Ensuite, il s’émerveille car il sait que Dieu veut faire encore davantage pour lui et pour sa descendance. Enfin, il termine en chantant les louanges de Dieu.

C’est une belle leçon sur la prière. Rien d’étonnant quand on sait que c’est à David qu’on attribue la rédaction de la majorité des psaumes… Qu’on pense à la messe avec cette même dynamique : on se prépare à accueillir Jésus dans sa Parole et dans le Pain de Vie en se reconnaissant pécheur – la préparation pénitentielle – et ensuite en chantant la Gloire de Dieu. Qu’on pense aussi à l’importance de l’émerveillement qui vient dilater notre cœur et qui nous conduit tout droit à l’action de grâce.

Demandons à Dieu, par Marie, de persévérer dans notre vie de prière. Que nous puissions trouver de bons guides dans notre vie spirituelle que ce soit dans notre vie de tous les jours ou dans les exemples merveilleux de la Bible et de la Tradition de l’Église.

9) David reconnaît son péché devant Dieu (2Sam 12, 7-14).
Nathan dit à David : « Cet homme, c’est toi ! Ainsi parle le Seigneur Dieu d’Israël : Je t’ai consacré comme roi d’Israël, je t’ai délivré de la main de Saül, puis je t’ai donné la maison de ton maître, j’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître ; je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda et, si ce n’est pas assez, j’ajouterai encore autant. Pourquoi donc as-tu méprisé le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l’épée Ourias le Hittite ; sa femme, tu l’as prise pour femme ; lui, tu l’as fait périr par l’épée des fils d’Ammone. Désormais, l’épée ne s’écartera plus jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Ourias le Hittite pour qu’elle devienne ta femme. Ainsi parle le Seigneur : De ta propre maison, je ferai surgir contre toi le malheur. Je t’enlèverai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai à l’un de tes proches, qui les prendra sous les yeux du soleil. Toi, tu as agi en cachette, mais moi, j’agirai à la face de tout Israël, et à la face du soleil ! » David dit à Nathan : « J’ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a passé sur ton péché, tu ne mourras pas. Cependant, parce que tu as bafoué le Seigneur, le fils que tu viens d’avoir mourra. »

Cet épisode de la vie de David est tragique : après avoir commis un adultère, il n’hésitera pas à aller jusqu’au meurtre pour cacher ce péché. Cependant, il sera capable de reconnaître ses torts une fois sa conscience éclairée Nathan. Et Dieu pourra alors lui offrir son pardon comme le lui dit le prophète : « Le Seigneur a passé sur ton péché».

Ce passage de la vie de David nous permet d’abord de nous identifier au grand roi d’Israël. Nous ne sommes bien-sûr pas tous adultères mais nous sommes tous pécheurs. Il est presque « rassurant » de constater que Dieu n’appelle pas des hommes parfaits. L’Église est plutôt peuplée d’une espèce très répandue : le pécheur-pardonné.

Notons aussi l’importance, soulignée à de nombreuses reprises dans la bible, de la reconnaissance de son péché. Cette reconnaissance est ici nécessaire pour accueillir le pardon de Dieu, ailleurs pour recevoir son salut ou encore pour pouvoir Le reconnaître comme le vrai Dieu.

Demandons à Dieu, par Marie, de ne pas avoir peur de notre péché et de nos fragilités. Qu’Il nous donne de grandir dans la confiance en la puissance de sa Miséricorde.

10) David fuit Jérusalem et laisse l’Arche d’Alliance derrière lui (2Sam 15, 24-29).
Voici que Sadoc, lui aussi, était là, accompagné de tous les lévites portant l’arche de l’Alliance de Dieu. Ils déposèrent l’arche de Dieu, alors qu’Abiatar offrait des holocaustes, jusqu’à ce que tout le peuple qui sortait de la ville ait fini de passer. Le roi dit à Sadoc : « Ramène l’arche de Dieu dans la ville. Si je trouve grâce aux yeux du Seigneur, il me ramènera et me permettra de la revoir, ainsi que son domaine. Mais s’il dit : “Tu n’as plus ma faveur”, alors me voici : qu’il me traite comme bon lui semblera ! » Le roi dit encore au prêtre Sadoc : « Tu vois ce qu’il en est ? Retourne en paix à la ville avec ton fils Ahimaas et avec Jonathan, le fils d’Abiatar ; vos deux fils seront avec vous. Voyez, je vais m’attarder dans les passes du désert jusqu’à ce qu’un mot de votre part m’apporte des nouvelles. » Sadoc et Abiatar ramenèrent l’arche de Dieu à Jérusalem où ils restèrent.

David est obligé de fuir Jérusalem à cause de la révolte menée par son fils Absalon. Au moment de sa fuite, une bonne partie du peuple lui prouve sa fidélité en voulant le suivre dans son exil. Parmi eux, se trouvent les prêtres qui transportent l’Arche d’Alliance. David demande au grand prêtre Sadoc de repartir avec l’Arche. Pourquoi ?

D’abord, Sadoc pourra ainsi être ses yeux à Jérusalem. Cela lui permettra de se renseigner sur les avancées du coup d’état d’Absalon dans sa capitale. Plus encore, David est en train de vivre par anticipation Gethsémani. Jésus avait devant lui la mort, David a devant lui l’exil. Jésus aurait pu choisir la fuite, David aurait pu engager une lutte contre son fils. Les deux choisissent de se soumettre à la volonté du Père. La phrase de David : « Si je trouve grâce aux yeux du Seigneur, il me ramènera » résonne avec le cri de Jésus à Gethsémani au milieu de sa Passion : « non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux » (Mt 26,39). Finalement, l’épreuve traversée par David permet de vérifier la qualité de sa foi. Il n’hésite pas, même dans les plus grandes difficultés, à s’appuyer sur Dieu. Il ne décide pas seul. Il ajuste sa volonté à celle du Père.

Dans la Bible, le cœur n’est pas que le lieu des sentiments. Il est aussi celui des décisions. Quand Dieu a regardé le cœur de David au moment de son choix, Il a certainement vu un cœur pur, c’est-à-dire un cœur qui décide avec Dieu. Nous avons tous de nombreux choix, parfois difficiles, à poser tout au long de notre vie. Le danger est grand de suivre notre seul jugement, sans laisser aucune place à la prière et au travail de l’Esprit Saint.

Demandons à Dieu, par Marie, un cœur pur. Que nous sachions décider en ajustant notre volonté à celle du Père, en nous laissant porter par l’exemple du Fils et en nous abandonnant à l’œuvre de l’Esprit Saint en nous.

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