DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 2018 2ème DIMANCHE DE L’AVENT

EN ROUTE
Il y a un mot qui fait l’unité des trois textes bibliques que l’Eglise propose à notre réflexion pour ce deuxième dimanche de l’Avent : c’est le mot « route ». Le prophète Baruch évoque la longue marche des exilés à Babylone : ils étaient partis à pied, emmenés captifs par leurs vainqueurs, mais Dieu les ramène en triomphe vers Jérusalem, abaissant les montagnes et comblant les vallées pour qu’Israël chemine en sécurité. L’apôtre Paul, s’adressant aux Philippiens, les invite à marcher sans trébucher vers le jour du Seigneur. Enfin Jean-Baptiste vient « préparer le chemin du Seigneur » et annoncer de nouveau que les montagnes seront abaissées et que les ravins seront comblés. « La parole de Dieu fut adressée à Jean ». Donc Jean, rempli de cette parole, va en devenir le messager et la faire parvenir, non seulement à ses auditeurs du premier jour, mais à nous, en ce début du XXIe siècle.

Une fois de plus, donc, la Parole de Dieu nous invite aujourd’hui à nous mettre en route : elle nous explique que la foi ne peut pas être une installation dans une opinion qu’on se serait faite, dans des certitudes rassurantes, mais qu’elle est une marche, une démarche. Notre existence humaine est inscrite dans le temps, avec un passé, un présent, un futur. Aujourd’hui la Bible veut nous faire comprendre que c’est la foi qui donne le sens de la marche, pendant toute notre vie humaine. En  d’autres termes, si nous croyons que notre foi nous installe dans un certain nombre de certitudes bien établies, nous sommes dans l’erreur. La foi chrétienne ne peut résulter que de toute une série de mises en question, de perpétuelles remises en route. Ne croyez-vous pas que cela vaut la peine d’y réfléchir personnellement, chacun pour notre cas spécifique ? Il nous faut faire attention et ne jamais penser que la foi nous est donnée une fois pour toutes, comme un bloc d’évidences inattaquables. Il nous faut toujours être en recherche. Croire, c’est un voyage, une marche, avec ses élans et ses découvertes, mais aussi avec ses arrêts, ses retours en arrière, voire ses chutes. L’essentiel, c’est de repartir sans cesse, sans jamais se résigner. La « foi du charbonnier », ce n’est pas la foi du chrétien. Confrontée à des expériences nouvelles, à des événements nouveaux, la foi se découvre sans cesse renouvelée, rajeunie.
Père Théo. BAYE DIATTA

Lecture du livre du prophète Baruc (Ba 5, 1-9)
Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel. Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ». Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’orient : vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient. Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal. Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu. Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ; car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice.

PSAUME (Ps 125)
R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (Ph 1, 4-6.8-11)
Frères, à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile. J’en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 3, 1-6)
L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

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