DIMANCHE 27 JANVIER 2019 3ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Dans le prélude, Luc adopte un ton personnel. C’est lui qui s’adresse personnellement à Théophile. Son évangile se présente donc comme une lettre personnelle qu’il adresse à un ami pour lui parler « des événements qui se sont accomplis parmi nous. » Qui était ce Théophile ? Les commentateurs se perdent en conjectures à son sujet. Pour certains, c’est un personnage bien réel : un chrétien qui a reçu la catéchèse de l’Eglise, ou un païen auquel Luc présenterait une apologie de la foi chrétienne. D’autres supposent que ce Théophile, dont le nom grec signifie simplement « ami de Dieu » est un personnage anonyme, comme si Luc voulait s’adresser à tous les amis de Dieu, de son époque et jusqu’à nos jours. En tout cas, nous tous, qui sommes aimés de Dieu, que nous le sachions ou non, nous sommes heureux d’apprendre, grâce à la lettre que Luc nous envoie, qui est Jésus et quel est son message.
Luc n’a pas connu lui-même Jésus de son vivant. C’était un païen converti. La tradition nous dit qu’il était médecin. En tout cas, c’était un homme cultivé, qui a longtemps accompagné saint Paul. Quand il écrit son Evangile et le livre des Actes des Apôtres, il a l’intention de faire une œuvre solide : il va s’informer de tout soigneusement, avant de faire « un exposé suivi ». Ce n’est pas un livre historique à la manière dont on conçoit l’histoire de nos jours, mais son récit est conforme à la manière dont les auteurs de son époque traitaient l’histoire événementielle. Il s’est bien renseigné auprès de témoins oculaires, et il tient à transmettre fidèlement ce qu’il a appris de la bouche des premiers témoins. Il tient à être lui-même, auprès des nouveaux convertis, la plupart d’origine grecque, un homme entièrement crédible. Et donc à donner quelque chose de solide à l’appui de l’enseignement que Théophile – et tous les Théophile après lui – a reçu.
Luc n’est pas un historien ou un journaliste neutre. Il est un chrétien qui s’adresse à un autre chrétien. Grâce à la solidité du message qu’il transmet, son lecteur va pouvoir vivre sa vie de croyant. Je suis toujours émerveillé du soin que les premières générations chrétiennes ont pris pour garder en mémoire ce qui fait le fondement de notre foi, aujourd’hui encore. Père Théophile BAYE DIATTA

Lecture du livre du prophète Néhémie (Ne 8, 2-4.5-6.8-10)
En ces jours-là, le prêtre Esdras apporta le livre de la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les Lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les Lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

PSAUME (Ps 18) R/ Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie.
La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1 Co 12, 12-14.27) Frères, prenons une comparaison : notre corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres. Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1,1-4 ;4, 14-21)  Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ».

Les commentaires sont clos.