DIMANCHE 12 MAI 2019 4ème DIMANCHE DE PÂQUES

Combien de fois, au cours de l’année liturgique, nous est proposée l’image biblique du berger… et de l’agneau ! Je me demande chaque fois si ces images d’une autre culture, d’une autre civilisation peuvent être encore parlantes, de nos jours, dans une civilisation urbaine et industrielle, dans laquelle la plupart d’entre nous n’ont jamais vu de bergers ni de troupeaux.
Il nous faut donc opérer une transposition, comme un dépaysement, et imaginer un peu ce que pouvait être la vie d’un berger responsable d’un grand troupeau, au temps de Jésus. Ses compétences et ses responsabilités. Et ce qu’elle est aujourd’hui encore, en certaines régions du monde. Dans la Palestine des temps bibliques, l’image était parlante. Aussi parlante que l’image des pêcheurs qui, comme les bergers, occupaient une large part des activités des travailleurs de l’époque. Pêcheurs au bord du lac, bergers sur les plateaux passablement arides de Judée. Les spécialistes pensent que les moutons étaient particulièrement destinés à fournir du lait et de la laine, plus que de la viande, qui n’était qu’un revenu accessoire.
Quoi qu’il en soit, il nous faut opérer une difficile transposition, nous pour qui l’image du troupeau bêlant et des animaux « moutonniers », classés parmi les êtres les plus stupides de la création est une image particulièrement négative.
Par contre, dans l’antiquité, l’image du berger est une image particulièrement valorisante, à tel point qu’il est habituel de parler du roi comme d’un berger. Est-ce à dire qu’on compare ses sujets à des êtres dociles et sans personnalité ? Je ne le crois pas. L’image est plus dynamique, et absolument pas statique. Elle fait référence à un peuple « en marche » comme on dirait aujourd’hui. La Bible nous rappelle les grandes transhumances, ces troupeaux parcourant des distances considérables, de point d’eau en point d’eau, à la recherche de l’herbe rare. Image de la longue marche du peuple de Dieu au désert pendant quarante ans sous la conduite du berger Moïse. Représentation de l’histoire de son peuple comme une route, un déplacement. Une histoire qui fait naître des situations nouvelles, des choses qui n’étaient pas encore là, un avenir possible. Le contraire d’un monde clos.
Le Berger ? Pour les Hébreux, c’est Dieu lui-même. « Le Seigneur est mon berger ». Mais le « berger » a délégué. Largement. Si bien que le roi David, et tous ses successeurs, sont appelés « bergers d’Israël ». Comme l’était déjà Moïse. Comme le furent avant eux les grands pasteurs nomades, chefs de tribus, Abraham, Isaac, Jacob.
Ces images ont dû être rectifiées, et même corrigées, au long des siècles, dans ce qu’elles avaient de trop rigide et de trop absolu. Ainsi de l’image du roi-pasteur. Car David, même s’il était dans sa jeunesse le petit berger de Bethléem, était devenu un roi belliqueux. Pour qu’on en arrive à l’image d’un roi-berger pacifique, il a fallu du temps. Donc je crois que la Bible décrit un roi idéal, dont l’objectif est de parvenir au confort du troupeau. Il soigne et guérit ; il ne s’occupe pas seulement du collectif, mais de chaque brebis. Il conduit vers le lieu du repos et de l’abondance.
Père Théo. BAYE DIATTA

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 13, 14.43-52)
En ces jours-là, Paul et Barnabé poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place. Une fois l’assemblée dispersée, beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur. Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint.

PSAUME (99)
R/ Nous sommes son peuple, son troupeau.

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à Lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
Il nous a faits, et nous sommes à Lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge.

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean (Ap 7, 9.14b-17)
Moi, Jean, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. L’un des Anciens me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent, jour et nuit, dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 27-30)
En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

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