DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 26ème du Temps Ordinaire C

Nous sommes habitués au fait que Jésus utilise des images, des « paraboles » pour faire comprendre son message… et le texte du pauvre Lazare et du riche nous le connaissons par cœur. Nous ne sommes peut-être, ni dans la situation du riche « sans nom » qui vit dans l’opulence et ne voit rien de ce qui se passe à côté de lui, ni dans celle du plus pauvre qui lui a un nom, mais qui n’a pas de quoi manger, blessé, couvert de plaies et personne ne le voit. Alors ce texte a-t-il encore quelque chose à nous livrer aujourd’hui ?
Le premier élément que nous pouvons dire est que si le pauvre a un nom c’est que Jésus met une fois de plus l’accent sur la place des plus pauvres dans le cœur de Dieu. Quels sont les « Lazare » qui sont aujourd’hui au bord du chemin et que nous ne voyons pas ? Cette famille qui se bat chaque jour avec quelques euros, cette femme sous la menace d’une expulsion parce que son salaire ne lui permet pas d’assurer son loyer, ces personnes qui vivent des drames familiaux ou des pressions psychologiques, ces familles immigrées campées au bord de nos quartiers. Les voyons-nous, les accueillons-nous ? Nous contentons nous de  prier pour eux ou tentons- nous de nous engager avec d’autres pour agir sur les causes !
Un deuxième élément est cet appel à regarder dans nos vies quelles sont les richesses à quoi nous tenons, quels attachements les plus marquants  nous voilent les yeux. Qu’est-ce qui nous enferme dans notre confort et nous empêche de VIVRE comme fils de Dieu. Comment grandir dans la LIBERTE d’enfants de Dieu, ouverts à une VIE DIGNE POUR TOUS dans le partage et la fraternité. C’est cela qui a un goût de Résurrection, dès aujourd’hui, à la suite du Christ. Ouvrons les yeux sur tout ce qu’il y a de beau au cœur même de notre humanité en souffrance et osons agir pour l’homme.
Le pape François rappelle1 : « la réponse au défi posé par les migrations contemporaines peut se résumer en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Mais ces verbes ne valent pas seulement pour les migrants et pour les réfugiés. Ils expriment la mission de l’Église envers tous les habitants des périphéries existentielles, qui doivent être accueillis, protégés, promus et intégrés ». Si nous mettons ces verbes en pratique, nous nous laisserons toucher par les propositions en faveur des migrants faites à nos communautés d’Aubervilliers : participation aux maraudes, à l’accueil hivernal, à l’alphabétisation du mardi et du vendredi. Ainsi « nous contribuons à construire la cité de Dieu et de l’homme, nous encourageons le développement humain intégral de toutes les personnes et nous aidons aussi la communauté mondiale à s’approcher des objectifs du développement durable».
Sœurs Auxiliatrices de la Charité

Lecture du livre du prophète Amos 6, 1a.4-7
Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Sion, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. Couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres de l’étable ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d’Israël ! C’est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n’existera plus.

PSAUME 145 (146), 6c.7, 8.9a, 9bc-10
Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l’étranger.
Il soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant.
D’âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée 6, 11-16
Toi, homme de Dieu, recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! C’est à elle que tu as été appelé, c’est pour elle que tu as prononcé ta belle profession de foi devant de nombreux témoins.
Et maintenant, en présence de Dieu qui donne vie à tous les êtres, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une belle affirmation, voici ce que je t’ordonne : garde le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable jusqu’à la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui le fera paraître aux temps fixés, c’est Dieu, Souverain unique et bienheureux, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, lui seul possède l’immortalité, habite une lumière inaccessible ; aucun homme ne l’a jamais vu, et nul ne peut le voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31
En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : ‘Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.

– Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’ 
Le riche répliqua :‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !’
Abraham lui dit :‘Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.’ Abraham répondit : ‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.’ »

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