Eglise Notre Dame des Vertus

Construite à partir du 14e siècle en pierre douce, l’église a été remaniée à diverses reprises. Monumentale, elle est remarquable par ses deux volutes de pierre encadrant un fronton doté d’une niche abritant une statue de la Vierge (moderne). Ces éléments d’influence baroque sont typiques du style jésuite. Cette partie de la façade principale a été construite vers 1628. Dans sa partie inférieure, elle est composée de deux baies dissymétriques à l’intérieur desquelles sont percées des portes rectangulaires surmontées de niches, aujourd’hui vides. Ces dernières, sans doute occupées autrefois de statues de saint Christophe et saint Jacques, sont ornées de frontons rectangulaires. Les deux baies sont séparées par une table moulurée et couronnées de reliefs. Une corniche assure la séparation avec la partie supérieure de la façade percée de deux oculi placés sous les volutes.

Sur la droite s’élève une tour carrée, de trente mètres de hauteur, soutenue par des contreforts terminés par une stèle décorée d’une croix grecque. Sur l’un d’entre eux figure un cartouche portant la date 1541. Quatre corniches saillantes divisent le clocher en cinq niveaux. Le dernier niveau est percé, sur quatre côtés, de baies géminées garnies d’abat-sons. Le toit est surmonté d’une flèche, ajoutée au 19e siècle, et qui a disparu lors d’un incendie en 1900.

Les bas-côtés, en mauvais état, ont été reconstruits au 19e siècle. L’église est de plan rectangulaire, le chevet est droit et amorti aux angles par des pans coupés, et composé d’une nef centrale et de deux collatérales. Il comporte huit travées. Les vitraux sont des 19e et 20e siècles.

L’attrait principal à l’intérieur est le grand orgue de tribune. Datant des 17e et 18e siècles, il est unique en Ile-de-France pour sa partie la plus ancienne et la mieux conservée. Il a été restauré dans les années 1980. Le buffet en chêne date des 17e-18e siècles et l’essentiel de la tuyauterie remonte au 17e siècle. En dehors de ses qualités musicales, cet instrument se distingue par la beauté de son buffet sculpté et des tuyauteries.

Avant d’être érigée en paroisse vers l’an 1300, Aubervilliers ne possédait qu’une simple chapelle dédiée à Saint-Christophe et dépendait de Saint-Marcel-lès-Saint-Denis. Cette chapelle obtint une importante renommée, en raison des nombreuses guérisons qui s’y produisirent aux 14e et 15e siècles. Elle a ainsi attiré de nombreux pèlerins, y compris des membres de la famille royale.